Dr Lamine Ndiaye - Le biogaz une réponse opportune ?
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Le défi actuel
En vue de limiter à 2 °C le réchauffement de la planète lié au changement climatique, le Conseil européen a confirmé de nouveau en février 2011 l’objectif de l’UE de réduire ses émissions de gaz à effet de serre à raison de 80 à 95 % d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Ces accords prévoient l'engagement d’élaborer des stratégies de développement à faible intensité de carbone sur le long terme.
La stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive pose cinq grands objectifs relatifs à la position que devrait occuper l’Europe en 2020. L’un d’eux a trait au climat et à l'énergie: les États membres se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 %, à porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans l'approvisionnement énergétique de l’UE et à réaliser l’objectif d’efficacité énergétique de 20 % d’ici 2020.
Cela définit un nouveau terrain de jeu pour l'industrie de l'énergie en Europe.
Aujourd'hui, environ 66% de l'énergie renouvelable, en Europe, viennent de la bioénergie et les projections qui sont faites permettent d'établir que cette part restera au minimum à ce niveau, mais devrait augmenter considérablement.
Il faudra cependant, en Europe, pour mener à bien la croissance nécessaire afin d'atteindre les buts fixés, mobiliser toutes les forces politiques, technologiques, industrielles, énergétiques, agricoles, gestion de déchet, forestières et financières.
Il faudra coordonner tous les efforts pour atteindre, en 2020, l'objectif de 20% d'énergies renouvelables. A l'intérieur du secteur de la bioénergie, l'augmentation de l'utilisation du biogaz ouvre de nouveaux champs d'application, là où la biomasse n'a pour l'instant pas joué de rôle majeur.
Selon une étude de l'Institut pour l'Energie et l'Environnement de Leipzig (Insitut für Energetik und Umwelt), le potentiel théorique de biogaz en Europe s'élève à 500 milliards de mètres-cubes (ce qui représente 166 millions de tonnes équivalent pétrole de production d'énergie primaire, à comparer aux 5,9 millions de tonnes équivalent pétrole tirées du biogaz aujourd'hui). Cette énergie pourrait remplacer, à terme, les importations de gaz naturel en provenance de Russie (dans plusieurs dizaines d'années).